Le maître E a plusieurs missions et l’une d’entre elles est la prévention. Qu’est-ce que cela veut dire ?

Dans la circulaire d’août 2014 qui établit son rôle, il est indiqué que les maîtres E « accompagnent les équipes enseignantes […] pour la mise en œuvre de pratiques pédagogiques qui favorisent la réussite de tous les élèves » ; il agit donc là pour toute la classe, et non seulement pour les élèves à besoins éducatifs particuliers.

A partir de là, une des manières de travailler avec un maître E est la co-intervention. Il y a une multitude de manières possibles de co-intervenir, je ne partagerai ici qu’une humble expérience vécue avec des collègues de milieu ordinaire.

Nous sommes parties des évaluations diagnostiques de début d’année et il est apparu des besoins dans les classes de CP au niveau de l’écrit : pour la grande majorité des élèves, lire veut dire déchiffrer, décoder, faire chanter les lettres et la dimension de la culture littéraire n’apparaît pas. J’ai donc proposé aux collègues de grande section de monter un défilire. Un quoi ?? Un défilire, ou devrais-je dire un #defilire !!

Qu’est-ce que c’est? Marie Desbrée, alias @trilolet vous l’explique ici:

#defilire

No Description

Nous voilà donc réunies à 4 autour de 3 albums d’Éric Carle pour échanger sur le projet (ne pas hésiter à amener infusions et petits gâteaux !). On se met d’accord sur le principe : chaque collègue aborde les albums comme elle l’entend, on ne se met pas de barrières, de contraintes, si ce n’est de les travailler les 3. L’objectif étant de proposer des devinettes les uns aux autres, on se met plus ou moins d’accord sur le type de devinettes. Et là il se passe ce que j’apprécie dans le travail d’équipe : une idée en amène une autre, puis une autre et on va loin!! Parce que comme dirait @kakotx, « à plusieurs on va moins vite mais on va plus loin ! »

Voici quelques exemples de devinettes proposées aux autres écoles:

Et oui, ce sont des classes immersives en basque… mais ce travail est possible dans toutes les langues !

En pratique, les enseignantes travaillent les albums pendant 2 ou 3 semaines puis pendant 2 autres semaines les classes échangent leurs devinettes. Soit par Twitter comme expliqué plus haut ou alors en mode « le maître E sert de facteur », ce que j’ai fait. Les devinettes étaient impatiemment attendues par les élèves ! Quand la réponse n’était pas trouvée tout de suite, le réflexe a été de chercher dans l’album : mission accomplie ! En plus des objectifs liés au monde de l’écrit, les élèves ont approfondies d’autres compétences. Pour faire succinct : des compétences liées à l’oral (construire des phrases pour les enregistrer, parler distinctement pour être compris…), des compétences liées au numérique (appréhender la tablette, écrire au clavier…), des compétences citoyennes (s’autoévaluer, grâce à la tablette : se tromper/recommencer, échanger, se mettre d’accord, travailler autour d’un projet…)

Pour clôturer le projet, chaque classe a voté pour son album préféré.

L’objectif était que les élèves évoluent dans leur conception de la lecture, que le livre soit un objet de plaisir, d’échanges et de partages possibles. Après bilan entre enseignantes, nous pouvons dire que l’objectif a été atteint. Il est évident que l’outil numérique tablette et les échanges avec d’autres écoles ont été des moteurs pour motiver les élèves et les collègues qui pendant un temps ont pu travailler à plusieurs et sont prêtes à recommencer, de cette manière ou d’une autre et toujours avec l’objectif de “favoriser la réussite de tous les élèves”.

 

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