Dans le volet précédent (Booster l’efficacité des élèves avec un peu de méthode et des outils bien choisis 1/3) je vous présentais la feuille mémoire (ou feuille de suivi) et la liste de tâches. La première permet la mise en mémoire et la transmission des informations importantes d’un enseignant à l’autre, la deuxième apporte une plus grande efficacité aux décisions prises lors des conseils de cycle.

La collaboration dans le nuage

Pour chaque élève concerné, il convient de recueillir l’ensemble de documents de suivi le concernant (comme les gevascos, les Projets Personnalisés de Scolarisation, les Plans d’Accompagnement Personnalisés, les PPRE, etc. ) dans des dossiers personnalisés. Dans la plupart des cas, sur une même année scolaire, un dossier d’élève est consulté par son ou ses enseignants, le directeur, et l’enseignant spécialisé. Il faut donc qu’un outil fonctionnel permette à plusieurs utilisateurs d’y accéder, de le consulter et de le compléter à tout moment. A une époque, pas si lointaine, tout ces documents étaient conservés exclusivement sous format papier, quelquefois dans un bureau fermé à clé. Cette solution, très incommode, ne facilite pas la gestion en temps réél du suivi de l’élève. Heureusement les outils numériques connectés aux “nuages” (ou systèmes de cloud computing) nous permettent désormais un véritable travail collaboratif, un suivi plus dynamique. Ces derniers sont nombreux et  portent des noms en “-Box” en “-Drive” ou en “-Cloud” pour ne pas les nommer. Ils sont très pratiques mais inégaux, et souvent peu respectueux de la vie privée des utilisateurs. Plus un outil est fonctionnel plus il permettra au travail collaboratif de fonctionner. Voici les trois fonctionnalités que je privilégie personnellement dans le choix de ce type d’outils :

  • Possibilité de partager des dossiers avec des membres différents selon les dossiers, sur une durée indéterminée. Les outils qui proposent un partage de dossier sur un temps limité ne sont pas adaptés à du travail collaboratif.
  • La Synchronisation avec le terminal local : la plupart des outils la proposent, elle évite la multiplication des versions d’un même document, très préjudiciable à l’organisation du travail. C’est le cas par exemple pour remplir une partie d’un Gevasco et le rendre disponible pour un autre collègue sans se perdre dans les différentes versions du document.
  • L’édition en ligne : elle permet de rédiger un document en ligne, directement depuis le navigateur (ex: Firefox) ce qui permet d’éviter les problèmes de compatibilité de format de document ou de logiciel d’édition (ex: openoffice vs word). Et lorsque l’édition est collaborative en temps réél, le travail collaboratif prend une toute autre envergure.

Un cloud respectueux

owncloudLes services dont je vous parle sont sécurisés (protocole HTTPS, connexion sécurisée), fiables (les meilleurs ingénieurs en informatiques du monde travaillent pour ces sociétés) et nous promettent le plus souvent que l’utilisateur restera maître des droits d’auteur de ce qu’il y dépose. Cependant ils sont proposés gratuitement par des organismes à but lucratif … et c’est bien là le problème. Car les utilisateurs de ces systèmes – dans notre cas les enseignants  – sont tracés et tous leurs comportements enregistrés, ce qui participe à un fichage de masse dans le  BigData et permet la commercialisation de leurs données personnelles ainsi que le ciblage publicitaire. Par ailleurs, les données recueillies sont stockées sur des serveurs situés sur le sol Américain, leur utilisation n’est pas soumise à la législation Française, et on sait bien combien la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés s’irrite (avec raison) des abus de ses organismes à propos de nos données personnelles. Pas bien grave me direz vous, mais l’utilisation de ces services n’est pas anodine, “Quand c’est gratuit c’est toi le produit” titre une vidéo qui circule sur le web.

La vidéo humoristique suivante fait la promotion d’un service de courriel plus respectueux, elle illustre l’idée que nous laissons faire aux géants du web ce que nous ne tolèrerions pas dans la vie réelle :

Il est tout à fait légitime,  pour un enseignant, d’attendre d’un outil professionnel qu’il ne nous oblige pas à nous soumettre à un fichage systématique. Il existe des alternatives solides dans le monde de l’internet libre mais elles demandent des compétences techniques avancées. C’est ce à quoi s’est attelée notre infatigable équipe Ash64 pour  proposer, avec l’appui de la DDEC, un outil fonctionnel, sécurisé et respecteux des utilisateurs. Ce dernier est encore en phase de test auprès des enseignants ASH volontaires. Et nous espérons qu’il pourra voir rapidement le jour.

Dans le prochain et dernier volet de cet article je reviendrai sur la manière dont on peut utiliser un cloud de manière pratique pour rendre le suivi des élèves plus fonctionnel.

Si vous voulez en savoir davantage sur la vie privée et l’économie du web, rendez-vous sur la web série documentaire personnalisée DO NOT TRACK mise à disposition par Arte.

Do Not Track

Do Not Track, a personalized web series about privacy and the web economy. Directed by Brett Gaylor, coproduced by Upian, Arte, ONF & BR.

 

 

 

 

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